Approches très hétérogènes pour la réduction du cuivre
Une enquête menée par l’ETH Zurich auprès de 489 exploitations viticoles biologiques et conventionnelles suisses dans toutes les régions linguistiques montre que 73 % des exploitations utilisent des fongicides cupriques. Parmi celles-ci, 57 % appliquent déjà des mesures explicites de réduction. Cependant, la mise en œuvre de ces mesures est très hétérogène : au total, 94 stratégies différentes ont été identifiées, la plupart étant des combinaisons de plusieurs mesures. Les mesures individuelles jouent un rôle secondaire.
Les mesures d’efficacité et de prévention à court terme sont les plus fréquemment utilisées, telles que des dosages de cuivre adaptés, des moments de pulvérisation optimisés ou des travaux sur le feuillage. Les approches de substitution (par exemple, des alternatives au cuivre comme le carbonate de calcium) ainsi que les changements systémiques à long terme, par exemple par l’utilisation de variétés résistantes aux maladies fongiques, sont nettement moins employés.
Les plus grands potentiels de réduction proviennent de stratégies combinées
L’analyse statistique de la quantité de cuivre utilisée dans les exploitations montre que les plus grands potentiels de réduction proviennent de stratégies combinées. La combinaison de la prévention, de l’efficacité et des ajustements systémiques fondamentaux (refonte) est particulièrement efficace. Cette combinaison permet en moyenne une réduction d’environ 0,65 kg/ha/an par rapport aux exploitations sans mesures de réduction. En revanche, les approches basées uniquement sur la substitution ou les mesures isolées ne montrent aucun effet significatif.
Les résultats montrent en outre que de nombreuses exploitations travaillent déjà en dessous des valeurs limites légales et celles fixées par les labels. Néanmoins, la charge reste problématique, car le cuivre s’accumule dans le sol et agit à long terme. Une réduction durable exige donc plus qu’une optimisation des pratiques existantes, mais des changements structurels dans les systèmes de production, par exemple par l’utilisation de variétés résistantes aux maladies fongiques.
Conclusion et recommandations
- La réduction du cuivre en viticulture est possible, mais elle nécessite des approches combinées.
- La politique et le conseil devraient promouvoir davantage les mesures de prévention et de refonte, par exemple en soutenant l’établissement de variétés résistantes aux maladies fongiques, l’échange de connaissances et des incitations ciblées pour les combinaisons de mesures.
- Les mesures individuelles ne suffisent pas. Au lieu de cela, des stratégies combinées sont cruciales pour atteindre les objectifs environnementaux sans compromettre la production.
Source : Zachmann L., Finger R.
Article original paru dans Crop Protection Septembre 2026 « Farmer adoption and effectiveness of copper-reducing strategies in Swiss viticulture »
https://doi.org/10.1016/j.cropro.2026.107633
Le groupe industriel Agriculture réunit des spécialistes dans le domaine de l’homologation et de la mise sur le marché de produits phytosanitaires des entreprises BASF, Bayer, Leu+Gygax, Omya, Stähler Suisse et Syngenta. Le groupe s’engage en faveur de solutions innovantes et respectueuses de l’environnement dans le domaine de la protection des plantes.